Dimensions de l’axSpA 2026: créer des synergies entre la médecine de pointe, la participation des patientes et des patients et la politique de santé

En ouverture de la Rencontre suisse de la spondylarthrite 2026, le Dr Godehard A. Scholz de l'Inselspital de Berne a porté son regard sur les grandes lignes de la prise en charge de la spondylarthrite axiale: où en est la médecine de pointe aujourd'hui, quelle importance revêt la participation active des patientes et des patients, et comment la politique de santé façonne-t-elle le chemin vers une meilleure prise en charge? Son exposé a allié recherche actuelle et regard lucide sur les questions encore ouvertes.
19 août 2026

Aperçu des thèmes

  • Qu’est-ce que la SSSA? Terminologie, formes et différences entre SSSA radiographique et non radiographique
  • Diagnostic: pas de test unique, mais l’ensemble du tableau clinique — anamnèse, examen, laboratoire et imagerie
  • Prise en charge: qualité de vie, contrôle précoce de l’inflammation et traitements personnalisés
  • Perspectives: questions ouvertes sur le diagnostic, le suivi et le potentiel de l’intelligence artificielle

Vidéo de l’exposé du Dr Godehard A. Scholz, présenté à l’occasion de la Rencontre suisse de la spondylarthrite du 30 mai 2026 à l’Hôtel National à Berne

Qu’est-ce que la SSSA – et pour qui?

La spondylarthrite axiale (SSSA) est le terme générique moderne désignant une maladie inflammatoire chronique de la colonne vertébrale et des articulations sacro-iliaques, qui touche parfois aussi les articulations périphériques ou des organes tels que l’œil, la peau et l’intestin. On distingue la forme radiographique (r-SSSA), avec des lésions structurelles visibles sur les radiographies, de la forme non radiographique (nr-SSSA), où seule l’IRM révèle des inflammations. La maladie apparaît le plus souvent entre 20 et 30 ans – en pleine phase de vie professionnelle et sociale particulièrement active, ce qui se traduit, selon une étude publiée en 2023 dans vertical, par un taux de chômage nettement plus élevé chez les personnes concernées.

Diagnostic: le tableau global compte

Il n’existe pas de test diagnostique unique – le diagnostic repose sur l’ensemble formé par l’anamnèse, l’examen physique, le laboratoire et l’imagerie. La distinction entre douleur dorsale inflammatoire et mécanique est particulièrement utile à cet égard, notamment sur la base de la raideur matinale, des réveils nocturnes et de la réponse à l’ibuprofène. L’imagerie a également ses limites: toute zone d’œdème visible à l’IRM n’est pas nécessairement d’origine inflammatoire.

Prise en charge: qualité de vie et partenariat

Pour le Dr Scholz, la qualité de vie, un contrôle précoce de l’inflammation et la participation sociale des personnes concernées sont au centre de la prise en charge – porté par un véritable «partenariat» entre le corps médical et les patientes et patients. Outre les médicaments tels que les AINS, les inhibiteurs du TNF, de l’IL-17 ou des JAK, il a souligné l’importance du traitement de base non pharmacologique: autogestion, maintien de la mobilité et arrêt du tabac.

Applications numériques et entraide

Les applications de santé numériques, comme l’application allemande Axia, peuvent démontrablement améliorer l’activité de la maladie, la capacité fonctionnelle et la qualité de vie. Les groupes d’entraide ont eux aussi un effet positif – le Dr Scholz a toutefois relevé qu’ils profitent surtout aux patients masculins, mariés et sous traitement par biothérapies, soulevant la question de l’accès pour les autres sous-groupes.

Différences entre les sexes et médecine de précision

Les femmes ont souvent besoin de plus de temps pour obtenir un diagnostic, présentent des symptômes différents et répondent en moyenne moins bien aux traitements existants que les hommes. De nouvelles approches de médecine de précision – comme la détermination de marqueurs immunitaires avant le début du traitement – pourraient à l’avenir aider à choisir le médicament le mieux adapté de manière plus ciblée.

Perspectives: créer des synergies en 2026

En conclusion, le Dr Scholz a relié les trois dimensions de son exposé: précision et prédiction dans la médecine de pointe, partenariat dans la participation des patients, et meilleure mise en réseau ainsi que financement de l’innovation en matière de politique de santé. Son constat: l’échange entre tous les acteurs – comme lors de cette rencontre – est la clé des prochaines années.